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 BONNE LECTURE...

Renato, le Kanak, est un simple flic. Un géant tout en muscles qui a quitté son île, en Nouvelle-Calédonie, pour le SRPJ de Toulouse. Foncièrement honnête, le coeur sur la main, il donne du « gros chameau » à ceux qu’il aime et des « gifles amicales » à ceux qui lui barrent le chemin. Le gardien de la paix agace surtout sa hiérarchie qui l’a muté à la brigade des courses et jeux, le plus beau placard du commissariat.

Des personnages attachants, du vécu : Christophe Guillaumot a trouvé la martingale du polar gagnant.

Christophe Guillaumot, un deuxième roman avec comme héros le Kanak, dans un roman à l’ambiance noire, très noire, que l’on n’aurait pas soupçonné dans le monde du jeu que l’on pensait plus « soft ».

Le jeu, c’est une matière particulière, effectivement çà peut-être très feutré, mais le jeu brasse énormément d’argent, notamment dans les paris et forcément là où l’on brasse beaucoup  d’argent, vous aurez toujours des voyous qui voudront se l’approprier . C’est donc propice à de nombreuses intrigues romancières polardiennes.

Votre galerie de portraits ici est intéressante, tous de pure invention ou inspirés du réel ?

Souvent pour mes personnages, je compacte des personnes qui existent. Je vais prendre une partie du caractère d’une personne, le métier d’une autre, je vais mélanger les deux et en faire un personnage avec je l’espère du fond et de la personnalité. Quand je rencontre des gens, j’aime qu’ils me parlent de leur travail, de ce qu’ils font, mais j’aime aussi les petites anecdotes souvent truculentes et qui construisent vraiment un personnage.

Qu’est ce que vous avez choisi de mettre le plus en avant ici, les personnages, le milieu du jeu ou l’intrigue policière ?

Je crois que je suis surtout attiré par les personnages. En littérature, une bonne idée çà ne suffit pas, ça fonctionne si vous la mettez au milieu d’une ronde de personnages forts, qui ont tous des liens entre eux et c’est çà qui va faire émerger un roman.

En 2009, vous écrivez votre premier roman « Chasse à l’homme » et vous obtenez le « Prix du Quai des orfèvres », ça aide ou pas ?

Oui ça aide à ouvrir quelques portes. Mais ça ne m’a pas franchement aidé. La seule chose que çà m’a appris, c’est que je ne savais rien. Parce que être un auteur c’est un vrai métier qui s’apprend, en étant ultra-médiatisé à ce moment-là j’ai appris que je n’étais pas à ma place et j’ai compris qu’il fallait que je reprenne tout à zéro. J’ai donc travaillé comme bénévole pour le festival « Toulouse Polar du Sud », j’ai rencontré des auteurs, des libraires, des lecteurs, des éditeurs et quand j’ai mieux perçu ce monde, je me suis mis à réécrire.

Ecrire et travailler sur le même domaine n’est-ce pas gênant ? (1)

Non je ne pense pas, l’important c’est que je sois très loin d’affaires que j’ai traitées. Après j’invente beaucoup de choses, il n’y a pas de conflits, mes collègues savent très bien faire la part  des choses. Le Kanak est un personnage très différent et personne ne se reconnait en lui. Ce qui m’intéressait dans ce personnage, c’est qu’il avait un regard extérieur sur notre société. En plus les Kanaks sont encore régis par le droit coutumier, donc ils ont des valeurs que nous peut-être nous perdons, ce regard m’intéressait. Et mon personnage est black et il n’y a pas beaucoup de héros black.

Propos recueillis par Jo Péron

(1)  Christophe Guillaumot est capitaine de police au SRPJ de Toulouse, responsable de la section « courses et jeux »


 

     

 

Chaque automne, Lydie Salvayre (prix Goncourt 2014 pour « Pas Pleurer »), avec sa belle et originale écriture, nous gratifie d’un nouvel opus.  Avec « Tout homme est une nuit », elle nous propose cette année un roman riche, subtil, politique et brûlant d’actualité.

Des hommes retournent sur d’autres la brutalité d’un ordre dont ils souffrent. Ils s’inventent, à peu de frais, de commodes ennemies.

Des questions vieilles comme le monde auxquelles Lydie Salvayre donne vie dans ce charmant petit village comme il en existe tant, quatre ou cinq ruelles, une grand-rue mélancolique, une place, l’église, la mairie et le café des sports qui n’est jamais loin et où les hommes se retrouvent, chaque jour, pour échapper, peut-être, un moment au domicile conjugal, mais surtout pour trinquer à la vie comme elle va.

Mais ce type qui vient s’installer chez les Simon, d’où vient-il ? Et pour qui se prend-il avec ses airs supérieurs ? Et cette histoire de cancer, de repos nécessaire loin de la ville, qu’est-ce qui nous prouve qu’elle est vrai ?

Il faut chasser l’intrus. Qu’il soit andalou, arabe ou débarqué de Zanzibar, il faut se débarrasser du fauteur de troubles, terroriste en puissance.

Au Café des sports, on prépare la revanche.

 Jo Péron                                                                                

 


 

  Erskine CALDWELL : La Route au tabac
La Route au tabac, est le roman le plus célèbre d’Erskine Caldwell. Un classique paru en 1932 aux Etats-Unis et en 1947 en France (Gallimard), vendu à trois millions d’exemplaires, traduit dans une quinzaine de pays, porté à l’écran par John Ford en 1941.


La Route au tabac, est le roman le plus célèbre d’Erskine Caldwell. Un classique paru en 1932 aux Etats-Unis et en 1947 en France (Gallimard), vendu à trois millions d’exemplaires, traduit dans une quinzaine de pays, porté à l’écran par John Ford en 1941.

Né en Géorgie en 1903, Erskine Caldwell a exercé les métiers les plus divers. De ces expériences, il puise l’inspiration pour décrire la vie des paysans et des ouvriers qu’il choisit de dépeindre sans parti pris ni sans s’apitoyer. Des personnages primitifs, dépourvus de préoccupations morales et de ressources matérielles, qui s’accommodent de la violence, de la fornication et de la mort, des ingrédients qu’il met ici en musique, dans l’état de Géorgie, pendant la Grande Dépression avec les aventures de la famille Lester sur la route au tabac, ravagée par la faim et la misère…

Un style particulier qui va faire de Caldwell un des écrivains les plus censurés des Etats-unis.

     Jo Péron

 


                 Luis SEPULVEDA : Un nom de torero


Les éditions Points viennent d’avoir la bonne idée de rééditer « Un nom de Toréro » de Luis Sepulveda, publié par Métailié en 1994. L’occasion de se souvenir combien l’écrivain chilien est un grand raconteur d’histoires, tout particulièrement lorsque ses histoires mènent ses héros sur les pistes de Patagonie. Juan Belmonte, ancien guérilléro chilien, et Franck Galinsky, ex-membre de la Stasi, sont engagés par des parties adverses pour retrouver un mystérieux trésor disparu au Chili. Epris de liberté et de justice, ces deux hommes ont tout sacrifié à leurs idéaux politiques. Revenus de leurs illusions, ils entament leur ultime aventure : un duel sanglant au bout du monde. Dans cette course au trésor vers la Patagonie, ils retrouvent un Chili où le poids du silence n’a pas enterré la profonde humanité des habitants du bout du monde.

Jo Péron


Luis SEPULVEDA : Un nom de torero Editions « Points » 192 pages, 6,40 €

 


Pierre-Marie TERRAL : LARZAC, Terre de lutte.


Après nous avoir proposé deux beaux livres : « Parc naturel régional du Golfe du Morbihan » et « Occitanie, Pyrénées - Méditerranée », avec la complicité du photographe Arnaud Spani, Pierre-Marie Terral, docteur en histoire contemporaine de l’université PaulValéry de Montpellier, nous ramène sur ses terres aveyronnaises pour nous conter, dans un petit opus passionnant et particulièrement bien documenté, ce que fut cette contestation devenue référence « Gardarem lo Larzac », une lutte exemplaire à bien des égards qui triomphe en 1981 au terme de 10 ans de protestation.

 Cette victoire ouvre le champ des possibles à la nouvelle génération, tant par la création d’un modèle unique de gestion collective du foncier qu’en s’insérant dans des réseaux de solidarité internationale. Le « causse des causes » se dresse en bastion français de l’altermondialisme en 2003 et brandit la faux paysanne contre les OGM.

En 2015, l’arrivée de la Légion étrangère sur le plateau ravive l’étincelle d’un esprit de révolte. Comment le Larzac reste-t-il, près d’un demi-siècle plus tard, un creuset militant pérenne et solidaire ? Constitue-t-il pour les mouvements actuels (Sivens, Notre-Dame-des-Landes…) un véritable modèle d’opposition ?

Jo Péron


Pierre-Marie TERRAL : LARZAC, terre de lutte Editions Privat, 137 pages, 9,90 €


 


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